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Carole Détain |
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Prix: 5 € |
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Un ouvrage de 300 pages |
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Résumé |
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Dimanche 3 novembre 2005, 17 heures. |
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Campagne. |
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Le soleil brille. Etonnant à cette époque de l’année. Ce dimanche de novembre ressemble à une journée d’été. Lise a laissé les sacs dans la voiture. Sacs emplis de pulls, de bottes et de cassettes, qu’elle a préparés comme à son habitude, lorsque, avec son mari et leurs deux garçons, ils vont prendre l’air. En grande banlieue. A une trentaine de kilomètres de Paris. En général Lise écoute dehors les cassettes de France-culture. Dans le jardin. En marchant sous les arbres. Et près de la rivière. Quand l’air est trop frais pour s'asseoir et pour lire. Quand elle doit bouger pour ne pas avoir froid. |
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Mais aujourd’hui, les pulls et les bonnets sont restés dans le coffre. Et Lise s’est allongée sur la chaise longue qu’elle a tirée tout au fond du terrain. Loin de Loïc et de Julien, ses deux fils. Elle s’est installée en hauteur. Près de la haie de thuyas qui sépare le jardin de la route départementale. Elle a préféré car, déjà, l’ombre des arbres, de l’autre côté de la rivière envahit la pelouse. Lise occupe le seul espace encore ensoleillé. |
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En contrebas, à l’ombre, sous les noisetiers, elle aperçoit Loïc et Julien. |
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Lorsqu’elle lève les yeux. |
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Lorsque, de temps à autre, elle interrompt sa lecture. |
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Elle n’aurait pas cru pouvoir être embarquée par un roman de Zola. L’œuvre. Elle atteint les dernières pages. Avec fièvre, presque. Elle l’avait lu une première fois à l’âge de dix-sept ans. Elle s’en souvient à peine. Elle ne pensait pas le relire un jour. Mais, pour cause de lycée, elle l’a ouvert de nouveau. Loïc l’étudie en classe. |
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Son regard balaie la ligne des tuiles de la maison voisine. Le sommet du portique. Avec les balançoires installées par ses beaux-parents lorsque les garçons étaient plus jeunes. Elle aperçoit la silhouette de Loïc. Il aura bientôt quinze ans. Il est en seconde. Il est secoué par les exigences de l'école. Il peine. Et pourtant il doit faire ses preuves. S’efforcer de rester au niveau. Avant les vacances de la Toussaint, pendant une semaine, Loïc n’a ni souri ni parlé. Etre préoccupé, autant, par le lycée, est contre sa nature. |
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Lise le distingue, saisissant une planche de bois. La maintenant immobile. Il se penche. Son fils lui semble immense. Sa taille, bientôt, sera celle de son père. Il s'applique, une scie à la main. Pour venir à bout de cette planche qu’il a récupérée au fond de la remise. Il veut la couper en deux, près du feu qu'il a allumé avec Julien. Et il alimente le brasier, posant des bûches, l’une après l’autre, sur la flamme. Et il revient vers sa planche. Attentif. Tenace. |
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De loin, Lise le voit. |
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Tel qu’il était. |
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Des années plus tôt. |
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Dans le même jardin. |
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S’attardant aux mêmes endroits. |
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Dans les mêmes fourrés. |
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Des minutes entières. |
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Genoux pliés sur sa chaise longue, Lise sent alors, à cet instant-ci, pendant quelques secondes, ou moins encore, est-ce mesurable, elle sent les frémissements d’une onde de bonheur. Qu’elle attrape. Juste là. Au fil du temps. |
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Résumé |
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Lise vit à Paris. Elle est mariée, a deux enfants, ne travaille pas. Le lecteur la rencontre alors qu’elle passe le week-end à la campagne, en famille. Et il l’accompagne. De l’extérieur. Dans sa cuisine (elle prépare les repas). Avec ses enfants (elle participe au travail scolaire). Avec son mari. Ses beaux-parents. Sa mère. En vacances. Son quotidien est lisse. Et pourtant. Bizarre. Chaque jour est une aventure. |

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Une écriture feuilletonnante ? |
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Mme De Sévigné ? |
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Littérature réalité ? |