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Dans notre monde matérialiste où tout tourne autour de l’argent, j’ai lu des livres qui m’ont orientée vers autre chose qu’un misérable bout de papier capable de prendre des vies. J’ai découvert que ce qui m’apportait de la joie et du bonheur et qui me laisse toujours encore de merveilleux souvenirs, ce sont les rencontres humaines qu’il m’a été donné d’avoir.
Forte de cette constatation, j’ai décidé, au passage du millénaire, de consacrer dorénavant ma vie à donner à ceux qui ont moins, à réparer là où d’autres et moi-même avions commis des fautes magistrales par ignorance et paresse, à partager mon savoir et mes connaissances. J’ai abandonné mon métier de traductrice technique qui assurait mon existence, mais qui représentait aussi une frustration de plus en plus fréquente pour être vécu dans la solitude d’un bureau individuel. Je me suis lancée au développement de plusieurs projets humanistes dont l’un au moins devait dorénavant assurer ma survie financière. Après 6 ans de travail acharné, je n’y suis toujours pas arrivée, mais c’est une autre histoire.
ALBA NIGRA était en course avec une coopérative dont les plans sont dans les tiroirs. A un moment donné, cela semblait bien serré, mais c’est finalement ALBA NIGRA qui a été enregistrée le 18 novembre 2004 sous la forme d’une SARL avec projet de se transformer en SCOP SARL quand nous aurons trouvé nos partenaires.
Si je me retrouve sur le site des Auteurs Indépendants, c’est que j’ai retracé la saga de la création de cette maison d’un genre très particulier et que j’ai l’intention de la publier ici même. Notre maison, composée de trois traducteurs, un auteur burkinabé et d’une association, a été mandatée d’une mission spéciale. Faire entrer l’humanisme authentique en économie. De ce fait, avant d’être une maison d’édition, elle est une entité militante, engagée dans la création d’emplois éthiques et dans la coopération fraternelle avec les pays du sud, voire des autres contrées acculées à la misère par le capitalisme sauvage et sans scrupules.
Penser et travailler autrement, c’est mon lot quotidien. Très dur, je puis le dire d’expérience, mais oh combien enrichissant de telle sorte que je ne peux plus imaginer agir autrement. Dotée d’une personnalité entière, pas toujours appréciée car « trop honnête » – il faut le faire –, j’ai fait des choix militants très poussés qui s’apparentent au commerce équitable et que j’appelle de ce fait « édition équitable ».
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